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Au cœur de la nuit, quand les étoiles clignotent comme des yeux curieux, se tient le fabuleux Marché des Rêves. C’est un endroit secret où les songes sont vendus sur des étals qui sentent le courage frais et le chocolat qui chante. C’est là que travaille Aspirouille, un petit aspirateur rond et dodu, toujours pétillant d’enthousiasme. Sa mission ? Gobichonner les vilains cauchemars avant qu’ils ne se glissent sous les lits des enfants.

Aspirouille adorait son travail. Avec son long nez flexible, il traquait la moindre petite frousse, le plus petit monstre de placard. Et quand il en attrapait un, SCHVROOOOMP, il le transformait aussitôt en un joyeux « prout » de paillettes multicolores qui sentaient la fraise des bois.

Mais ce soir-là, son enthousiasme lui joua un tour de fripouille. En pourchassant un minuscule cauchemar de chaussette perdue, Aspirouille dérapa sur une flaque de rêve de glissade. Son nez-zigouigoui partit dans tous les sens et, dans un SCHVROOOOOMP catastrophique, il aspira… le Fil d’Or des Rêves Joyeux !

Catastrophe ! Ce fil magique, qui reliait tous les beaux rêves entre eux, fut avalé d’un coup. Au Marché, ce fut la panique. Un rêve de pirate se retrouva coiffé d’un tutu de danseuse étoile. Une aventure dans l’espace se mit à sentir la pizza aux anchois. Un songe de course de voitures se mélangea avec un rêve de chatons faisant la sieste. C’était un bazar monstre !

« Oh non, oh non, oh non ! » gémit Aspirouille, son ventre gargouillant de songes mélangés. Il se sentait tout chose, comme s’il avait mangé un gâteau de sable avec de la moutarde.

C’est alors qu’une petite lumière vive s’approcha. C’était Lumina, une luciole futée qui se baladait toujours avec un bâton lumineux de fête, comme ceux des concerts.
« On dirait que quelqu’un a mis ses roulettes où il ne fallait pas, » dit-elle d’une petite voix pétillante.
« J’ai tout cassé ! » pleurnicha Aspirouille, faisant un petit FROU-FROU de paillettes couleur panique. « Le soleil va bientôt se lever et tous les enfants se réveilleront avec des rêves de poulpes qui jouent du banjo ! »
Lumina tapota sa tête avec son bâton. « Paniquer, ça ne rembobine pas les bêtises. Mais j’ai une idée qui brille. Si tu peux aspirer, tu peux sûrement… souffler ! »

L’idée était géniale ! Aspirouille devait inverser le flux de son moteur pour recracher les rêves un par un. Mais comment les trier ?
« C’est là que j’interviens ! » déclara Lumina. « Mon bâton peut éclairer les “saveurs” des rêves. Le rose pour les rêves doux, le jaune pour les rêves d’aventure, le bleu pour les rêves de vol… »

Alors commença le grand ballet du tri. Aspirouille activa le mode “soufflerie délicate”. Une tornade de paillettes et de fragments de songes s’échappa de son nez. Lumina volait au milieu de ce chaos coloré, agile comme une acrobate.
« Le rêve de toboggan en réglisse ? À droite ! » criait-elle, illuminant le songe d’un faisceau gourmand.
PLOP ! Aspirouille l’envoyait vers le tas des rêves sucrés.
« Le songe où l’on vole sur le dos d’une bibliothèque volante ? À gauche ! »
PLOP ! Le rêve rejoignait les aventures fantastiques.
C’était un travail difficile. Un rêve de super-héros qui devait sauver un gâteau d’anniversaire faillit leur échapper, mais Aspirouille, avec une pirouette, le rattrapa juste à temps.

Enfin, alors que le ciel commençait à pâlir, le dernier rêve fut trié. Le ventre d’Aspirouille était vide et silencieux. Avec une infinie précaution, ils rapiécèrent le Fil d’Or. Lumina utilisa la chaleur de son bâton pour “recoudre” les brins dorés, tandis qu’Aspirouille le maintenait stable avec le bout de son nez.

Épuisé mais fier, Aspirouille regarda le Fil d’Or briller à nouveau. Il avait appris qu’un grand pouvoir demandait de la délicatesse, et qu’un ami brillant valait tous les trésors du monde. Pour fêter ça, il se laissa aller à un dernier petit « prout » de paillettes. Mais cette fois, elles avaient un parfum tout à fait surprenant : un mélange parfait de biscuit-pirate-qui-danse-la-salsa.