🎧 Écouter l'histoire :
S'abonner aux histoires pour Enfants :
La nuit était un grand drap de velours bleu, piqué de milliers de diamants scintillants. Fripouille, le super-héros en pyjama à pois, flottait doucement au milieu des étoiles, bien à l’abri dans sa bulle de savon géante et irisée. C’était son moment préféré : juste avant de s’endormir, il partait pour une petite aventure nocturne.
Mais ce soir, quelque chose n’allait pas. Fripouille fouilla dans la poche de son pyjama une première fois, puis une deuxième. Rien.
« Oh non… », murmura-t-il.
Gomblague, sa gomme parfumée à la fraise, n’était pas là ! C’était sa gomme préférée, celle qui avait le pouvoir magique de raconter des blagues pour rassurer. Fripouille sentit une grande émotion le submerger. Et qui dit émotion, dit…
« Hic ! »
Un hoquet sonore fit trembler sa bulle de savon. Il fallait absolument retrouver Gomblague !
Balayant le ciel étoilé du regard, il aperçut au loin un petit astéroïde qui boudait tout seul dans son coin. L’astéroïde avait l’air très, très grognon, et il tenait quelque chose de rose dans l’une de ses crevasses. C’était Gomblague !
Première tentative : la manière forte.
Fripouille gonfla sa poitrine de super-héros. Il dirigea sa bulle droit sur le rocher flottant.
« Hé, toi ! Astéroïde grognon ! Rends-moi ma gomme tout de suite ! » cria-t-il avec sa voix la plus menaçante.
Pour toute réponse, l’astéroïde devint encore plus sombre et se mit à trembler de colère. Il semblait même devenir un peu plus gros. La gomme resta bien coincée.
« Hic ! » fit Fripouille, frustré. Cette approche n’avait pas fonctionné du tout.
Deuxième tentative : la super-vitesse.
« Bon, s’il ne veut rien entendre, je vais être plus rusé ! » se dit Fripouille.
Il prit de l’élan avec sa bulle, visa la crevasse et fonça, espérant attraper Gomblague au passage. ZOU ! Mais l’astéroïde, sans même bouger, se tourna légèrement. Fripouille et sa bulle rebondirent sur sa surface dure comme sur un trampoline.
« POUING ! »
« Oups ! Hic ! » hoqueta Fripouille, tout étourdi par le choc. L’astéroïde grognon n’avait pas bougé d’un pouce. La colère commençait à monter en lui comme une grosse bulle de limonade.
Troisième tentative : le calme.
Fripouille serra ses petits poings. Il allait hurler de toutes ses forces quand une petite voix dans sa tête (qui ressemblait beaucoup à celle de sa maman) lui chuchota : « Quand tu es en colère, Fripouille, compte jusqu’à trois. Lentement. »
Fripouille ferma les yeux. Il inspira un grand coup d’air étoilé.
« Un… » Il sentit la colère commencer à se dégonfler.
« Deux… » Ses épaules se détendirent.
« Trois… » Il rouvrit les yeux.
Il s’approcha doucement de l’astéroïde, sans crier cette fois.
« Excuse-moi de t’avoir crié dessus, » dit-il gentiment. « Je m’appelle Fripouille. Cette gomme est très importante pour moi. Pourquoi tu l’as prise ? »
L’astéroïde, surpris par ce ton si calme, s’arrêta de bouder. Une toute petite voix rocailleuse s’éleva :
« Je… je m’ennuie tout seul. Je suis l’astéroïde Ronchon. Personne ne veut jamais jouer avec moi. Et puis… j’ai entendu la gomme qui chuchotait une blague. Ça m’a fait rire. »
Fripouille sentit son cœur se serrer. Il était ému pour l’astéroïde.
« Hic ! »
Il eut alors une idée de génie.
« Tu sais, Ronchon, le pouvoir de Gomblague, c’est de rassurer en racontant des blagues. Elle adore ça ! Et si… on la partageait ? »
Le visage de pierre de Ronchon s’illumina. « Partager ? Vraiment ? »
« Bien sûr ! » s’exclama Fripouille.
Ronchon tendit délicatement la gomme à Fripouille. Aussitôt, la petite gomme parfumée sentit la bonne humeur et se mit à vibrer.
« Toc toc toc ! » dit une petite voix sortant de Gomblague.
« Qui est là ? » demandèrent en chœur Fripouille et Ronchon.
« C’est Olive ! »
« Olive qui ? »
« Olive you so much, mon nouvel ami astéroïde ! »
(Je t’aime tellement, mon nouvel ami astéroïde !)
Un rire puissant et grave secoua l’astéroïde Ronchon, un rire joyeux qui fit danser la poussière d’étoiles autour de lui. Fripouille rit aussi, heureux d’avoir réussi et de s’être fait un nouvel ami.
Il laissa Gomblague avec Ronchon pour la nuit, en lui promettant de revenir la voir le lendemain.
Et dans sa bulle de savon qui filait doucement vers sa chambre, Fripouille laissa échapper un dernier petit hoquet. Un hoquet de pure joie. Hic !

