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Léa, une petite extraterrestre avec trois yeux curieux et des cheveux couleur comète, gara son vaisseau spatial avec un petit pouf sur la Lune. La Lune, comme chacun sait, est un énorme gruyère. Ça sentait bon le pique-nique.

« Parfait ! » s’exclama-t-elle en sortant. Son sac à dos cliquetait joyeusement. Il était rempli de sa collection de cailloux : un caillou de Mars tout rouge, un caillou de Jupiter plat comme une crêpe, et même un minuscule gravier de la Terre, très précieux.

Pour ne pas s’enfoncer dans le sol moelleux, Léa enfila sa paire de bottes de pluie jaunes. Aussitôt, PLOP, elle se sentit légère, légère, légère comme une plume de moineau cosmique. Chaque pas était un petit bond joyeux.

Devant elle se dressait la Forêt des Murmures Fromagers. Ses arbres étaient faits de mozzarella filante et ses feuilles de parmesan bruissaient doucement. C’est là, au cœur de la forêt, qu’elle espérait trouver le légendaire « caillou-comté », une pierre de fromage vieille de mille ans.

Mais alors qu’elle s’approchait, un son grave et profond résonna entre les troncs de gouda.

GRRRROOOOOMMMMMMMMM…

Léa se figea, ses trois yeux grands ouverts. Les feuilles de parmesan chuchotèrent plus fort, comme pour la prévenir.
« Oh là là… » souffla-t-elle. « Ça ressemble à un monstre qui a très, très mal au ventre. »

GRRRROOOOMMMMMMMMM… GROMMM !

Le bruit était encore plus fort. Léa eut envie de remonter dans son vaisseau et de rentrer chez elle. Mais le caillou-comté ! Sa collection ne serait jamais complète sans lui ! Elle serra les poings. Son papa lui avait dit un jour : « Le courage, ce n’est pas de ne pas avoir peur. C’est d’avoir peur, mais d’y aller quand même. »

Alors, en utilisant ses bottes magiques pour flotter silencieusement au-dessus du sol, elle s’avança dans la forêt. Plus elle avançait, plus le grognement devenait puissant. Elle aperçut enfin une ombre gigantesque, tapie dans le noir. Deux points lumineux brillaient comme des phares. C’était lui ! Le monstre !

Léa prit une grande inspiration et cria d’une petite voix tremblotante :
« Euh… Bonjour ? Vous n’auriez pas vu un caillou-comté par hasard ? »

L’ombre sursauta. Le grognement s’arrêta net. Une grosse tête poilue sortit de l’obscurité. Ce n’était pas un monstre, mais un énorme Blaireau-Lune, avec une fourrure douce comme du velours et des yeux gentils.

« Un… caillou-comté ? » demanda le blaireau d’une voix de tonnerre. « Non. J’ai faim. »
Et son ventre repartit de plus belle : GRRRROOOOMMMMMMMMM !

Léa éclata de rire. Le monstre terrible n’était qu’un grand gourmand !
« Vous avez faim ? Mais… il y a du fromage partout ! »
« Oui, » soupira le Blaireau-Lune en montrant le haut des arbres. « Mais les meilleurs fruits-emmental sont tout en haut. Je suis bien trop lourd pour grimper. »

Léa eut une idée géniale.
« Et si on faisait un marché, monsieur le Blaireau-Lune ? »
Le grand animal pencha la tête.
« Un marché ? »
« Oui ! Moi, avec mes bottes, je suis légère comme tout. Je peux flotter jusqu’en haut et vous cueillir les meilleurs fruits. En échange, vous m’aidez à trouver mon caillou-comté ? »

Les yeux du Blaireau-Lune s’illuminèrent de joie. « D’accord, petite plume jaune ! C’est un super marché ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait. Léa s’envola en quelques bonds gracieux jusqu’à la cime des arbres et fit pleuvoir une pluie de délicieux fruits-emmental. Le Blaireau-Lune se régala, son ventre passant des grognements de faim à de joyeux gargouillis de satisfaction.

Pour la remercier, il l’emmena dans une grotte secrète. Là, posé sur un piédestal de cheddar, brillait le plus beau des cailloux-comtés, scintillant de cristaux de sel. Il était encore plus beau que dans ses rêves.

Avec précaution, Léa le rangea dans son sac à dos, à côté de ses autres trésors. Elle avait non seulement trouvé le plus rare des cailloux, mais aussi un nouvel ami. La forêt ne lui semblait plus du tout effrayante. Ses chuchotements ressemblaient maintenant à des rires.

« Merci, monsieur le Blaireau-Lune ! » dit-elle en lui faisant un signe de la main.
« Appelle-moi Gédéon ! Et reviens quand tu veux pour un pique-nique ! » répondit le grand blaireau en lui faisant un clin d’œil.

En remontant dans son vaisseau, Léa sourit. Parfois, les choses qui font le plus peur sont juste de grands amis qui ont un petit creux. Et les adultes, même les plus grognons en apparence, pouvaient vraiment être de super alliés.