🎧 Écouter l'histoire :
S'abonner aux histoires pour Enfants :
Au cœur du grand ciel bleu, là où les nuages jouent à saute-mouton par-dessus les arcs-en-ciel, vivait un petit nuage pas comme les autres. Il s’appelait Pompom et, figurez-vous, il avait la forme d’un agneau tout doux, avec une laine si floconneuse qu’on aurait dit de la barbe à papa. Mais Pompom avait un secret un peu embarrassant pour un nuage : il avait un vertige épouvantable. Rien que de regarder le sol depuis son altitude habituelle lui donnait l’impression d’avoir une lessiveuse dans le ventre. Il flottait donc toujours un peu plus bas que les autres, le cœur tremblotant.
Un matin, le Grand Ancien des Nuages le convoqua. Sa voix résonna comme un tonnerre lointain.
« Petit Nuage Pompom, une mission de la plus haute importance t’attend. Tu dois porter cette goutte de Rosée Solaire jusqu’à la Lune, avant ce soir ! »
Devant Pompom, une gouttelette dorée scintillait, suspendue à une feuille de vent.
« M-m-mais… la Lune ? C’est… c’est si haut ! » balbutia Pompom, sa laine se hérissant de peur.
« C’est indispensable pour la fabrication du célèbre fromage lunaire ! Sans elle, les Sélénites n’auront que des biscuits secs à grignoter. Le sort de leur dîner repose sur toi ! »
Pompom sentit son estomac faire un triple looping. La Lune ! Il devait monter, monter, toujours plus haut ! Terrifié, il prit la goutte délicatement et commença son ascension. Mais à chaque mètre gagné, sa peur le tirait vers le bas. Il n’y arriverait jamais ! Alors qu’il sanglotait doucement, faisant tomber une petite pluie de chagrin, il entendit un bruit étrange.
« Pffft… ploc ! »
Une minuscule créature, pas plus grande qu’un papillon, venait de se poser sur sa laine. C’était un dragon, mais un dragon miniature, avec des écailles couleur saphir et une fumée qui sortait de ses narines en… bulles de savon ?
« Ça ne va pas, le mouton cotonneux ? » crachota le dragonnet en faisant une nouvelle bulle arc-en-ciel.
« Je m’appelle Pompom, et je dois aller sur la Lune, mais j’ai le vertige ! » gémit le nuage.
Le dragonnet éclata d’un rire qui sonna comme des clochettes. « Je suis Draco, le dragon bulleur ! Le vertige ? Connais pas ! Mais j’ai une idée. Accroche-toi, on va te propulser ! »
Et Draco se plaça sous Pompom. Il prit une grande inspiration et PFFFFFFFFT ! Il souffla des centaines de bulles de savon magiques. Poussé par ce coussin pétillant, Pompom commença à monter, doucement d’abord, puis de plus en plus vite.
« Youhou ! Propulsion à bulles super-soniques ! » cria Draco.
Le voyage était périlleux. Ils durent esquiver un courant d’air grognon qui voulait les dépeigner, puis une nuée d’Oiseaux-Flèches filant à toute allure. À chaque fois, Draco utilisait son astuce : un grand mur de bulles pour amortir le vent, et des bulles éclatant en confettis scintillants pour distraire les oiseaux. Pompom, fasciné, en oubliait presque sa peur.
Enfin, la Lune apparut, immense et brillante, juste au-dessus d’eux. Mais un dernier obstacle se dressait : le Grand Vide Silencieux, un espace noir et sans vent qui les séparait de leur but. Il n’y avait plus rien pour flotter. Il fallait sauter.
Pompom regarda en bas. Il vit la Terre, si petite, si lointaine. Son vertige revint, plus fort que jamais. Il se figea.
« Pompom ! » cria Draco. « Ne regarde pas en bas ! Regarde notre but ! Regarde la Lune ! On y est presque ! »
Pompom ferma les yeux très fort. Il pensa aux pauvres Sélénites et à leurs biscuits secs. Il pensa à son nouvel ami Draco. Prenant son courage à deux flocons, il se contracta et, avec toute la force d’un nuage déterminé, il bondit ! Au même instant, Draco souffla la plus grosse bulle de toute sa vie, une bulle géante qui les propulsa dans un dernier élan. Pompom volait. Pour de vrai. Et au lieu de la peur, il sentit un frisson de fierté le parcourir.
Ils atterrirent en douceur sur un sol jaune, souple et plein de trous, comme un gigantesque trampoline en gruyère. Ça sentait bon le fromage ! Un petit bonhomme vert avec un chapeau en forme de cratère s’approcha.
« La Rosée Solaire ! Merci mille fois ! » dit le Sélénite en prenant la goutte.
« De rien ! » répondit Pompom, tout fier. « J’espère que votre fromage lunaire sera délicieux grâce à ça ! »
Le Sélénite le regarda, perplexe, puis éclata de rire.
« Le fromage ? Mais non, jeune ami ! La Lune EST en fromage ! Cette goutte, c’est pour parfumer notre thé du soir ! »
Pompom et Draco se regardèrent, puis éclatèrent de rire à leur tour. Assis sur le bord d’un cratère de camembert cosmique, sirotant un thé parfumé et regardant la Terre loin en dessous, Pompom comprit une chose : le monde était bien plus beau vu d’en haut, surtout quand on avait un ami pour nous aider à décoller.

