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Pim n’était pas un fantôme comme les autres. D’abord, il avait une peur bleue du noir, ce qui est assez embêtant pour un fantôme. Ensuite, au lieu d’aimer faire « Bouh ! » derrière les portes, il préférait de loin planter des graines et regarder pousser des algues-fleurs. Son jardin était son plus grand trésor, et il se trouvait à l’endroit le plus douillet du monde : le ventre de Bérénice, une baleine immense et incroyablement gentille.
À l’intérieur de Bérénice, des milliers de petits planctons brillaient sur les parois, créant une fausse nuit étoilée, calme et apaisante. C’était parfait, sauf pour une chose. La fleur préférée de Pim, une magnifique Lune-de-Nuit, commençait à pencher tristement la tête.
« Oh, ma pauvre fleur », murmura Pim en caressant un pétale tout mou. « Tu as besoin de vraie lumière de lune, pas seulement de ces jolies lucioles de mer. »
Bérénice, qui sentait bien la tristesse de son petit locataire fantomatique, fit vibrer sa voix profonde et douce.
« Ne t’inquiète pas, petit Pim. Il existe une Perle de Clair de Lune, cachée quelque part en moi. Elle brille d’un éclat de lune véritable ! J’ai une vieille carte qui y mène… mais je crois que je l’ai égarée. »
Le cœur (si les fantômes en ont un) de Pim fit un bond. Une carte au trésor ! Il devait la trouver.
Sa première tentative fut solitaire. Armé de son courage et de son parapluie à pois, Pim s’envola vers la Forêt de Corail Digestif. C’était un endroit plein de recoins sombres qui lui donnaient la chair de poule (si les fantômes en ont). Quand un bruit suspect de gargouillis se fit entendre, Pim ouvrit vite son parapluie, retint sa respiration et devint invisible. Ffiouuu… Il ne pouvait pas tenir longtemps. Il fouilla partout, mais ne trouva qu’une vieille chaussette rayée et une palme solitaire. Pas de carte.
Un peu découragé, il décida de demander de l’aide. Il alla voir Zig, le bernard-l’hermite qui habitait dans un coquillage chic. Zig était connu pour son mauvais caractère et sa manie de tout collectionner.
« Zig, s’il te plaît, tu pourrais m’aider ? » demanda timidement Pim. « Ma Lune-de-Nuit est toute tristounette ! »
Zig sortit ses yeux sur pédoncules de sa coquille. « Hmph ! Encore tes histoires de fleurs. Et qu’est-ce que j’y gagne, moi ? Un peu de tranquillité ?
— Je te promets de ne pas tailler mes algues-pâquerettes de ton côté pendant une semaine entière ! » proposa Pim.
Le crabe pinça l’air en signe d’accord. « Marché conclu ! Allons voir dans ma Grotte des Trésors Oubliés. »
Ensemble, ils explorèrent la grotte où Bérénice gardait tout ce qu’elle avalait par erreur. Il y avait des ancres rouillées, des bouteilles vides et même un monocle. Zig, avec son œil d’expert, examina chaque objet. Mais la carte, écrite sur une feuille d’algue spéciale, restait introuvable. Ce fut un deuxième échec.
Pim était sur le point d’abandonner quand il aperçut deux lumières qui dansaient joyeusement. C’étaient Plic et Ploc, deux méduses lumineuses qui adoraient jouer. Une idée lumineuse traversa l’esprit de Pim.
« Plic ! Ploc ! J’ai besoin de vos lumières, au sens propre du terme ! »
« On joue à cache-cache ? » demanda Plic en clignotant.
« Non, on joue à “éclaire la grotte” ! » proposa Ploc en tourbillonnant.
« Presque ! » répondit Pim avec un grand sourire. « On joue à “trouvons tous ensemble la carte pour sauver ma fleur” ! »
Pim rassembla sa petite équipe. « Écoutez, dit-il avec une assurance nouvelle, l’union fait la force ! Zig, avec tes pinces solides, cherche sous les gros rochers. Plic, Ploc, éclairez-moi ce grand coin sombre là-bas, celui qui me fait un peu peur. Moi, je vais vérifier près des grandes côtes de Bérénice. »
Les deux méduses filèrent vers le recoin obscur, l’inondant d’une douce lumière bleue et verte. Pour la première fois, Pim n’eut pas peur de regarder dans cette direction. Et grâce à la lumière de ses amies, il vit quelque chose ! Un petit rouleau était coincé tout en haut, derrière un os géant.
« Là ! » cria-t-il. « Mais c’est trop haut ! »
Aussitôt, Zig le crabe, sans même grogner, grimpa agilement le long de l’os. Plic et Ploc flottèrent à ses côtés pour lui éclairer le chemin. D’un coup de pince précis, Zig attrapa la feuille d’algue enroulée et la laissa tomber dans les mains de Pim. C’était la carte !
« On a réussi ! » crièrent-ils en chœur.
Grâce à la carte, trouver la Perle de Clair de Lune fut un jeu d’enfant. Elle était nichée dans un petit coffre en nacre et brillait d’une douce lueur argentée.
Pim se précipita vers son jardin et déposa délicatement la perle à côté de sa Lune-de-Nuit. Aussitôt, la fleur se redressa. Ses pétales s’ouvrirent en grand pour révéler un cœur qui scintillait aussi fort que la perle elle-même. C’était la plus belle chose que Pim ait jamais vue.
Il se tourna vers ses amis, les yeux brillants d’émotion. « Je n’y serais jamais arrivé sans vous. Mon parapluie est magique, c’est vrai, mais avoir des amis, c’est encore plus magique ! »
Zig fit un petit « Hmph » pour la forme, mais Pim crut voir un minuscule sourire sur son visage de crustacé. « N’oublie pas ta promesse pour les algues-pâquerettes », grommela-t-il.
Plic et Ploc, ravis, se lancèrent dans un ballet de lumière autour de la fleur épanouie. Et dans son ventre transformé en salle de bal étoilée, Bérénice la baleine laissa échapper un long et heureux gargouillis qui berça doucement tout son petit monde.

