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Zigzag le pingouin frissonna, même sous son écharpe en laine et son bonnet à pompon. Pour un pingouin, être frileux, c’est un peu comme être un poisson qui n’aime pas l’eau ! Et aujourd’hui, il était particulièrement nerveux. C’était le jour de la grande Fête du Courage, et en tant que gardien officiel, il devait apporter la légendaire Pièce d’Or en Chocolat au sommet de la Montagne en Chocolat.
Il ouvrit le petit coffre en bois de réglisse où il la gardait précieusement. Le coussin de velours rouge était là, mais… la pièce avait disparu !
« Oh non, non, non ! » couina Zigzag en agitant ses ailerons. Sans la pièce, pas de fête ! Personne n’oserait descendre la grande piste de luge en nougat.
Avec un soupir qui fit un petit nuage de buée, il enfila ses moufles et sortit. La Montagne en Chocolat se dressait devant lui, ses pentes saupoudrées de sucre glace et ses arbres aux feuilles en caramel qui craquaient sous ses pattes. CRIC, CRAC ! Le son était rigolo, mais Zigzag n’avait pas le cœur à rire. Il devait retrouver cette pièce !
Première tentative : L’Écureuil Cacaoté
En grimpant, il aperçut un nid tout en haut d’un sapin en chocolat blanc, décoré de choses brillantes. Et parmi elles, quelque chose scintillait comme de l’or. Un écureuil à la queue touffue couleur cacao triait son trésor.
« Excuse-moi ! » cria Zigzag. « N’aurais-tu pas vu une pièce d’or en chocolat ? Elle est ronde et… »
« Et brillante ? » le coupa l’écureuil, un éclair de malice dans les yeux. « Peut-être bien ! Mais ce qui est dans mon nid est à moi ! »
Zigzag tenta de grimper à l’arbre, mais les branches étaient couvertes d’une sève de caramel collante. Ploc ! Il glissa et atterrit en douceur dans un buisson de barbe à papa. Il secoua la tête, couvert de fils roses. Dans le nid, il ne vit qu’un vieux papier de bonbon doré. Fausse piste !
Deuxième tentative : Le Blaireau Praliné
Plus haut sur le sentier de pépites de chocolat, Zigzag entendit grogner. Un gros blaireau au pelage praliné creusait la terre de cacao avec fureur. De temps en temps, un objet doré volait de ses pattes.
« Bonjour, Monsieur le Blaireau ! » dit timidement Zigzag. « Je cherche une pièce d’or… »
« Une pièce ? Je cherche surtout qui a laissé tous ces papiers de bonbons dans ma forêt ! » gronda le blaireau, en envoyant voler un emballage brillant. « C’est un manque de respect pour la nature ! »
Zigzag regarda autour de lui. Le blaireau avait raison. Le sol était jonché de détritus. Pris de pitié pour la jolie montagne, il aida le blaireau à tout nettoyer.
« Merci, petit pingouin, » dit le blaireau, un peu moins grognon. « Pour te remercier, je vais te donner un conseil : le vent qui souffle au sommet emporte souvent les objets perdus. Va voir le maître du vent. »
La pièce n’était pas là, mais Zigzag avait appris quelque chose d’important.
Troisième tentative et succès final : Le Griffon Chatouilleux
Zigzag arriva enfin au sommet. Le vent soufflait fort, un vent qui sentait bon la vanille. Et là, perché sur le plus haut rocher de chocolat noir, se tenait une créature magnifique : un griffon majestueux dont les plumes étaient faites de sucre filé. Posée sur sa tête comme une couronne, brillait… la pièce d’or en chocolat !
« C’est ma pièce ! » s’écria Zigzag.
Le griffon, nommé Volute, baissa son bec aquilin. « Je l’ai trouvée, elle est mienne ! Elle a choisi le plus courageux, et c’est moi ! Si tu veux la récupérer, tu dois me faire bouger de ce rocher. »
Zigzag regarda l’immense griffon. Comment un petit pingouin frileux pouvait-il faire bouger une telle créature ? Il était sur le point de renoncer quand une idée lui traversa l’esprit. Il se souvint des feuilles de caramel qui craquaient sous ses pattes. Et il se souvint qu’il était… très, très chatouilleux. Et si le griffon l’était aussi ?
Zigzag prit une grande inspiration et se mit à danser tout autour du rocher, tapant frénétiquement des pattes sur un parterre de feuilles de sucre craquantes.
CRIC-CRAC-CRIC-CRIC-CRAC !
Le son résonna, et les vibrations remontèrent le long des pattes du griffon.
Volute essaya de rester impassible. « Arrête ça… c’est… hi hi… »
Zigzag accéléra, sa danse devenant une véritable gigue endiablée. CRAC-CRAC-CRAC-CRAC !
« Hahaha ! Arrête, je t’en supplie ! » Le griffon se tortillait, ses plumes de sucre filé tremblaient. « HA HA HOOO ! »
Dans un grand éclat de rire, Volute se leva en battant des ailes, incapable de se contrôler. La pièce d’or vola dans les airs. D’un bond, Zigzag l’attrapa juste avant qu’elle ne tombe.
« Tu… tu as gagné, petit malin ! » haleta le griffon en s’essuyant une larme de rire. « Tu n’es peut-être pas grand, mais tu es astucieux ! »
Zigzag remercia le griffon. Avant de repartir, il croqua un tout petit bout de la pièce magique. Aussitôt, une chaleur incroyable l’envahit, bien plus efficace que son écharpe. C’était un courage de lion, chaud et puissant ! Il n’avait plus froid du tout.
Il dévala la pente en glissant sur le ventre, le cœur léger et chaud. Il arriva juste à temps pour la Fête du Courage, où il raconta comment il avait vaincu un griffon non pas par la force, mais avec une danse des chatouilles. Ce jour-là, tous les habitants de la montagne apprirent deux choses : que le vrai courage se trouve dans l’intelligence, et qu’il faut toujours prendre soin de leur belle montagne en chocolat.

